PERDUE DANS LA MAISON
L’Info de la Semaine – Le 21 septembre 2026
C’est mon beau-père qui me l’a fait remarquer :
Dans l’Évangile de Luc, il y a deux paraboles où les perdus (le fils et la brebis) sont perdus à l’extérieur. L’autre parabole est différente (c’est d’ailleurs la plus courte des trois) : celle de la pièce perdue (v. 8 à 10). C’est à l’intérieur de la maison que cette pièce de monnaie est perdue.
S’il est vrai que la plupart des âmes perdues se trouvent à l’extérieur de l’église, la troisième parabole que Jésus a partagée nous rappelle cette terrible réalité : il y a dans la maison, dans le bâtiment, dans l’église locale, des pièces perdues. La pièce de monnaie est dans la maison et pourtant elle est perdue ! Et souvent, ceux qui sont perdus dans l’église ne le savent même pas.
C’est pourquoi il nous faut, dans la maison de Dieu, dans nos communautés chrétiennes, nos rassemblements de jeunes, « allumer une lampe, balayer la maison et chercher avec soin » jusqu’à ce que cette pièce perdue, cet ado au groupe de jeunes, cet enfant qui a grandi à l’école du dimanche, ce retraité qui fréquente l’église évangélique dimanche après dimanche, soit retrouvée.
Je disais l’autre jour à un frère qui débute dans le ministère : « Quand tu prêches, quel que soit le message, garde toujours à l’esprit que dans ton auditoire, il y a sûrement une pièce perdue. Il faut à tout prix que cette pièce qui est coincée sous un meuble soit en sécurité avec les autres pièces dans le porte-monnaie de Dieu. »
Il y a quelques semaines, dans une petite église franco-chinoise en région parisienne où nous tenions un culte d’évangélisation, sur les 37 personnes présentes, 14 « pièces de monnaie perdues » ont été retrouvées !
Si nous savions combien de pièces dans nos bâtiments d’églises sont perdues, le contenu de nos chants et de nos prédications changerait radicalement.
Tim et Yukki
Aujourd’hui 21 septembre, mon Papa aurait fêté ses 89 ans. Il nous a quittés pour le Ciel le mois dernier. Voici un chapitre tiré de sa biographie :
CHAPITRE 3
J’AI FINALEMENT APPRIS LE FRANÇAIS – Matthew
En 1965, la mission WEC, avec laquelle je comptais servir Dieu en France, voulait se faire une idée de mes capacités à étudier le français.
J’avais vingt-huit ans et je n’avais jamais appris une langue étrangère. Je ne connaissais pas un mot de français.
Les responsables de la mission ont tenté de m’orienter :
– Matthew, tu ne penses pas que tu devrais servir dans un autre pays que la France, un pays où la langue est moins difficile à apprendre ?
Devant mon obstination, ils m’ont demandé alors de me rendre dans une école de langues à Londres, pour un test linguistique.
Quand je suis arrivé à l’école, des professeurs m’ont installé devant de gros magnétophones à bandes.
– Vous allez entendre des mots en français. Veuillez les répéter, m’ont-ils dit.
Durant l’examen, je suis resté la bouche fermée face à tous ces mots étrangers.
Devant mon incapacité et doutant que je serais un jour capable de parler le français, les examinateurs m’ont demandé : “Monsieur, pouvez-vous nous dire ce qui vous motive à vouloir aller en France ?”
Je leur ai répondu sans hésiter :
– Je veux apprendre le français afin de pouvoir communiquer l’Évangile aux Français !
Devant cette réponse franche qu’ils n’attendaient pas, les examinateurs ont écrit aussitôt un courrier au bureau de la mission avec ces mots : “Cet homme est convaincu. Il ira en France et sans aucun doute, il apprendra la langue.”
La WEC m’a alors donné le feu vert !
Conscient de l’appel de Dieu sur ma vie, je me suis retrouvé, seul, de l’autre côté de la Manche dans un pays où je n’avais jamais mis les pieds.
C’est près de Valence, dans la Drôme, au siège de la Croisade du Livre Chrétien que j’ai posé mes valises.
À mon arrivée, le responsable m’a déclaré :
– Matthew, tu peux parler l’anglais encore 24 heures, puis après, ce ne sera qu’en français !
C’était comme si l’on m’avait jeté à l’eau sans que je sache nager !
Dieu soit béni, j’ai appris à nager : au bout de trois mois, je comprenais déjà bien ce que disaient les uns et les autres en français.
J’ai poursuivi l’apprentissage de la langue à l’Alliance Française de Paris, au boulevard Raspail, dans le quartier mythique de Montparnasse-Saint Germain-des-Prés.
Parmi les nombreux étudiants de l’école se trouvaient d’autres candidats missionnaires, venus eux aussi rejoindre une mission d’évangélisation, pour servir en France ou dans un pays francophone.
Plusieurs petits examens ont jalonné l’année d’étude avant le grand jour de l’épreuve finale.
Une fois de plus, la mission exigeait de bons résultats pour que je sois pleinement accepté au sein de WEC France.
Ce jour-là, au milieu d’une salle pleine d’étudiants, j’ai rempli la feuille d’examen.
Après l’avoir consciencieusement complétée, j’ai levé la tête pour m’apercevoir que tous les autres candidats étaient toujours plongés dans le questionnaire.
À ma grande surprise, j’avais terminé avant tous les autres ! Je me suis levé et j’ai remis ma feuille à l’examinateur.
Je suis descendu à la cafétéria pour boire un jus de fruits en attendant l’arrivée des autres élèves.
Autour de la table, nous étions tous soulagés que l’examen soit terminé… c’est alors que j’ai appris qu’il n’y avait pas seulement la face recto de la feuille à remplir, mais aussi le verso !
Je n’avais pas retourné la feuille !
Quelle ne fut pourtant pas ma joie d’apprendre que, malgré mon inattention, j’avais tout de même réussi l’examen et je reçus quelques jours plus tard mon diplôme !
Cette nouvelle étape m’a permis d’aimer encore plus la langue de Molière. J’ai trouvé beaucoup de plaisir à me pencher sur la complexité de la conjugaison et de la grammaire française.
Mon diplôme en main, je me suis lancé dans la grande aventure
missionnaire. C’est dans la commune de Saint-Éloy-les-Mines, en 1967,
que j’ai commencé mon ministère. J’ai loué une chambre dans ce coin reculé de l’Allier. Je tenais régulièrement un stand biblique. J’allais de porte en porte avec des Bibles. Je me sentais parfois découragé. Mais je persévérais et, chaque jour, je faisais un peu plus de progrès en français. Rien de mieux que d’être immergé dans une langue pour progresser !
Beaucoup plus tard, en 2024, j’ai eu la grande surprise d’apprendre l’existence d’une Église à Saint-Éloy-les-Mines ! Près de soixante personnes se réunissent maintenant chaque semaine autour de la Parole de Dieu.
Ce que j’aimerais vous dire
Quand le Seigneur nous appelle, il nous équipe aussi. Aucun obstacle n’est infranchissable pour celui ou celle qui s’élance dans le service de Dieu.
Trois conseils pour ceux qui veulent partir en mission à l’étranger : Apprenez la langue, aimez ce peuple vers qui Jésus vous envoie, appuyez-vous entièrement sur Dieu.
Tiré du livre ‘ En France comme au Ciel !’ . Pour obtenir une copie, écrivez à timothee.paton@gmail.com