« TOI, VAS-Y ! »

Pendant ma pause estivale j’ai lu un livre bouleversant. Un de ces livres qui vous remue et vous donne envie de ne jamais cesser deservir Dieu. C’est l’histoire d’Albert Burckhardt, un missionnaire hors pair. Il laisse derrière lui des centaines d’églises au Tchad, en Centrafrique, au Congo et le Centre de Formation de la Porte Ouverte ici à Chalon sur Saône. Un pionnier qui était autant à l’aise à cheval dans les contrés les plus reculées ou quand il prêchait dans un stade. Un homme de foi qui a inspiré toute une génération.Voici quelques extraits du livre « TOI, VAS-Y ! », La biographie du missionnaire Albert Burckhardt. Aux éditions EMF- 2007 :

«  Le vingtième siècle c’est l’ère de la télévision. Alors moi j’ai décrété ceci : je vous laisse la télé et je garde la vision ! Un conseil : faites comme moi ! »

« Mais je leur ai bien expliqué que le parler en langues n’était pas une fin en soi ! Dieu n’a pas dit : ‘ Vous recevrez le Saint-Esprit et vous serez des parleurs en langues ! ‘ Non ! ‘ Vous recevrez le Saint-Esprit et vous serez mes témoins ! »

« L’Europe aussi a vécu plusieurs réveils. Pensez à la Réforme de Luther, en Allemagne. Cet homme remarquable, saisi par l’Esprit de Dieu, a été l’instigateur d’un grand renouveau dans l’histoire de l’Eglise. Puis la tradition a pris le relais.

Ce mouvement de l’Esprit a été suivi de la naissance de l’église luthérienne qui a continué dans la tradition de Luther, en tant qu’homme, et non dans le Saint-Esprit. Le même schéma s’est produit, en Suisse, avec Calvin. L’auteur de ce document extraordinaire, ‘L’Institution chrétienne’, a donné naissance au calvinisme, qui a gardé le nom de Calvin, mais pas sa puissance ! Et que dire de Wesley ?

Saisi par le Saint-Esprit, il a évangélisé l’Angleterre. Ce mouvement s’est répandu au-delà des frontières, a donné naissance aux Wesleyens, aux Méthodistes, qui sont, à leur tour, entrés dans la tradition. De même ces hommes ont insufflé un réveil à l’époque. Mais leur mouvement a été récupéré, institutionnalisé, et la tradition et le légalisme ont pris le pas sur le mouvement du Saint-Esprit. Attention de garder les yeux fixés sur l’instigateur du réveil, le Saint-Esprit, et non sur l’homme ! Quelqu’un a dit : ‘ Les églises cherchent de meilleures méthodes, et Dieu cherche de meilleurs hommes !’ C’est ainsi qu’en Europe les grands réveils se sont éteints, étouffés par l’extincteur de la tradition humaine. »

« Accepter le salut en Jésus-Christ c’est comme monter dans le bon train, à l’horaire prévu. Un jour, à Paris, je devais prendre le train pour rentrer chez moi. J’ai été retardé au dernier moment. Vite, je cours, j’achète rapidement mon billet au guichet, j’arrive sur le quai, tout essoufflé, mes deux valises à la main. Et je vois le train me passer sous le nez. J’étais là, sur le quai, les bras ballants, impuissant et penaud. J’ai raté mon train pour quelques secondes. Je me suis donc assis, et j’ai attendu le suivant. Une demi-heure plus tard, un monsieur déboule sur le quai, l’air affolé:
– Dites-moi, s’il vous plait, le train…
– Oh ! il est parti !

Lui, il avait une demi-heure de retard et moi simplement quelques secondes, mais nous l’avons manqué tous les deux. Le résultat final était le même. Dans la vie, on trouve la même vérité. Que vous soyez un pécheur notoire, dans la boue du péché, ou bien une personne respectable qui ne s’autorise que quelques ‘ dérapages’ aux yeux de Dieu, vous êtes perdu. ‘Car tous ont péché et sont privés de la Gloire de Dieu’, dit la Bible. Que vous soyez proche ou loin du train du salut, tant que vous n’êtes pas monté dans le wagon, vous êtes perdu. A vous de sauter dans le train, de faire le pas pour accepter Jésus comme votre Sauveur. »

« ‘La moisson est grande, mais il y a peu d’ouvriers ; priez le maitre de ma moisson d’envoyer des ouvriers dans sa moisson’ dit Jésus.

Aujourd’hui, j’essaye de sensibiliser votre cœur à ce grand champ missionnaire. Dieu appelle des jeunes. Mais aussi des moins jeunes. Je connais un couple en Suisse, M. et Mme Pétremand, partis en mission à l’âge de 60 ans. Ils ont répondu à l’appel du Seigneur, ils ont vendu leur boutique, à Zurich, et ont travaillé pour le Seigneur. Ils sont revenus 25 ans plus tard, à 85 ans. Ne dites jamais que vous êtes trop vieux. Si vous avez 60 ans, vous avez encore devant vous 25 ans de mission ! C’est Dieu qui tient notre vie dans ses mains. Lui seul connait le nombre de jours qu’il a prévus pour nous. »

« Quand des personnes me répondent ne pas avoir d’appel missionnaire, je leur réponds :
-Vous n’avez pas d’appel pour partir ? Mais avez-vous un appel pour rester ? »

«  Les églises qui ont une vision missionnaire sont bénies. Je me suis permis de dire, un jour au trésorier d’une église qui se plaignait d’être toujours en déficit :
– Envoyez un missionnaire et vous verrez, vous serez bénis! »

«  Les églises devraient enseigner l’esprit de la dime, le principe de la bénédiction. Vous vous rendez compte, si les chrétiens le mettaient en pratique : toutes les églises qui ont dix salariés pourraient soutenir un missionnaire, puisque dix dimes correspondraient à un salaire !

Je me souviens d’une sœur dans le Nord de la France qui m’avait entendu parler ainsi. Elle a donc décidé de l’appliquer dans sa propre vie. Quand je l’ai revue plus tard, elle était réjouie:
– Frère Burckhardt, vous avez parlé de la dime, lors de votre dernier passage dans notre église.
– …Oui c’est bien possible.
– Eh bien, je vais vous dire franchement : avant je ne donnais pas la dime régulièrement. Mon mari recevait son salaire en fin de mois. A partir du 15, je n’avais plus rien. Alors j’allais acheter à crédit dans les magasins, j’achetais à crédit. Depuis que j’ai mis en pratique votre enseignement biblique, je vais jusqu’au 31 ! »

«  Dieu nous donne aussi de la sagesse pour gérer nos affaires. Mais ne soyons pas des chrétiens accaparés par les choses du monde :
– D’abord, il faut qu’on s’installe bien confortablement. Et puis il faudrait qu’on change d’appartement. Et puis ce serait bien qu’on achète une petite maison, et une télé… Faudrait aussi qu’on ait une bonne voiture… et si on accrochait une caravane, hein ?… Et à la place de la caravane, on mettrait un petit bateau pour aller à la mer. Mais nos voisins ont un meilleur style de vie que nous, alors il faudrait que nous gagnions plus ! On va faire des revendications, des grèves… »

«  Il ne faut pas riposter. Ne perdez pas votre temps. Ne répondez jamais au mal par le mal. Laissez Dieu se charger de ces personnes ! »

« Soyez des modèles, des originaux ! Il ne faut pas être des photocopies ! »

Clément Guérékozoungbo, pasteur centrafricain : « Cette proximité qu’il avait établie autant avec les missionnaires européens qu’avec les collaborateurs centrafricains a fait la force de son ministère. Alors que d’autres missions recevaient les autochtones au portail, papa Burckhardt recevait tout le monde, chez lui, souvent autour d’un repas. »

Missionnaire français Pascal Bonnaz : «  Il avait le don de stimuler les initiatives, d’encourager les vocations. Et en aucune manière, il ne cherchait à contrôler qui que ce soit. Il écoutait beaucoup, donnait peu de conseils mais approuvait, encourageait les initiatives. Ses propos se résumaient plutôt en ces termes : ‘ Vas-y ! C’est bien ! Il faut le faire !’ (…) Il se considérait comme un tremplin pour ceux qui désirait s’engager, et il ne désirait contrôler ni les missionnaires ni les pasteurs centrafricains. »

Timothée Paton

 

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